[MDDC #01] Alain Bashung - Fantaisie Militaire (1998)

Et dire qu'au début, je n'aimais pas Alain Bashung. Sans l'avoir écouté, évidemment. Il faisait partie de ces artistes dont je pensais qu'ils faisaient de la variétoche propre à leur offrir une place de choix sur le fauteuil rouge de Drucker le dimanche soir. Qu'il appartenait à la vieille génération, que c'était, avec Ma Petite Entreprise, un one-hit wonder. Bref, je ne connaissais pas Alain Bashung.

Choc générationnel, peut-être, mais on était alors en 2007. Je n'avais même pas vingt ans, et je n'avais pas trop envie de m'intéresser à la carrière d'un type de 60 berges. On m'en avait tellement parlé par le passé que j'avais fini par écouter Osez Joséphine. Mauvaise pioche, j'avais détesté, et je crois que je n'avais pas été au bout du disque.

Mais en 2007, certaines personnes avec lesquelles j'avais suffisamment d'affinités musicales pour que leur avis compte m'ont poussées à retenter l'aventure. On m'a recommandé L'Imprudence, j'ai choisi Fantaisie Militaire. Pourquoi ? Aucune idée. C'est sans doute celui qui était alors le plus accessible.

Je ne m'en suis jamais remis.



J'ai écouté ce disque avec le sourire du petit con qui écoute ce que faisaient les vieux de la génération précédente dans la seule optique de trouver des éléments permettant de critiquer les fautes de goût.

Non, il n'y a aucune faute de goût dans ce Fantaisie Militaire. De Malaxe à Angora, Bashung réussit un sans-faute, avec des chefs-d’œuvre tels que La Nuit Je Mens, Aucun Express, 2043 ou Sommes-Nous. Au cours de cette première écoute, j'ai rapidement retourné ma veste. Et si j'avais écouté ce disque avec, comme cela arrive souvent avec des artistes dont est déjà fan, l'envie de l'aimer, la peur d'être déçu, l'aurais-je autant aimé ? Aucune idée. Ce que je sais, c'est que, malgré les nombreuses (euphémisme) nouvelles écoutes que je lui attribuerai, contrairement à d'autres, jamais ce disque ne me décevra.

L'autre chose que je sais, c'est que je n'ai jamais retrouvé une telle évidence, un tel plaisir à écouter un autre album de Bashung. Je n'aime toujours pas Osez Joséphine. J'adore L'Imprudence, j'aime bien Bleu Pétrole (malgré quelques morceaux franchement dispensables). Je connais assez mal Chatterton, qui me semble être le seul que je n'ai pas déjà cité que je pourrais aimer.

Mais jamais je ne retrouverai cet aspect sombre, ces qualités de funambule permettant à Bashung de maintenir en permanence une certaine tension qui ne se solde que rarement (et c'est tant mieux, l'art du contre-pied) par l'explosion attendue. Des arrangements de cordes somptueux (Aucun Express) soutenant des mélodies évidentes. Et cette voix inimitable.

Si je n'aime pas toute la discographie de Bashung, il m'aura apporté ce qui constitue sans doute l'un de mes dix disques préférés. Peut-être celui que je préfère d'un artiste francophone. Sans doute d'ailleurs. Un artiste qui, en 2007, était alors loin d'être un vieux monsieur de 60 berges ayant fait son temps. Il évoluait au contraire avec son temps, afin d'être toujours en avance sur celui-ci. Tout le monde ne peut pas se vanter d'avoir pondu son meilleur disque après ses cinquante ans. Celui que je prenais pour un has been était en fait un génie du contre-pied, de l'innovation, de l'expérimentation. Une belle leçon de vie qui m'a amené, je l'espère, à davantage d'humilité musicalement parlant.

Ps : Au fait, le charabia (c'est-à-dire le MDDC) qui précède le nom de l'album en titre, ça veut simplement dire Mes Disques De Chevet. Une rubrique qui me permettra de combler le manque d'inspiration ou d'actualité musicale (ce n'est pourtant pas le cas en ce moment) en évoquant les disques qui sont vraiment incontournables, et que j'emmènerai si j'avais la possibilité de trimballer un bon carton rempli de CDs sur une île déserte.

Commentaires

  1. Quel bel article! Je partage ce que tu dis...moi je l'ai découvert à sa sortie en 98 mais je n'écoutais pas Bashung non plus (il faisait partie des vieux pour moi aussi) et j'ai du lire une chronique qui m'a fait l'acheter ou j'ai entendu "La nuit je mens" (je ne sais plus)...une petite révélation donc et j'ai suivi avec "L'imprudence", moins évident mais tout aussi intense et plus tard avec son dernier mais je l'ai moins écouté celui-là..."Fantaisie militaire" est devenu un classique et a permis à la chanson française de se régénérer un peu (ce n'est que mon avis...)...

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    1. Bien d'accord avec toi sur le statut de classique. Je m'intéresse pas assez à la chanson française (ce qui est peut-être un tort, hein) pour mesurer l'impact qu'il a pu avoir.
      Du coup, L'imprudence et Fantaisie Militaire sont, toi aussi, tes disques préférés de Bashung ? T'en aimes d'autres ?

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    2. Oui, je préfère sa dernière période, je ne connais du début que ses "tubes" mais ça m'attire moins (pour le moment...), sinon je ne connais pas "Chatterton" à part "Ma petite entreprise" évidemment et j'ai redécouvert "Osez Joséphine" il y a peu qui marque sans doute le début de ses grands disques...pareil à l'époque on n'entendait que cette chanson ("Osez Joséphine") et à force c'était un peu saoulant (merci les radios...) mais aujourd'hui il passe mieux...

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    3. Ce n'est pas le matraquage radio qui me déplaisait chez Osez Joséphine, puisqu'à l'époque, je n'étais pas en âge d'apprécier la musique (du moins pas cette musique) ni même en âge de lire, donc...

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    4. oui je parlais pour moi...! ;)

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  2. J'y suis venue tard, trop tard... J'étais émue par les dernières apparitions de l'artiste, mais c'est après son décès et devant la profonde tristesse de Toorsch que j'ai commencé à me poser des questions, me rendant compte que je passais sans nul doute à côté de merveilles. Je ne jure que par La Nuit je mens, Toorsch adore Angora (j'en veux pour preuve sa place sur la compil des plus belles chansons de Keith Michards)... Je vais à mon rythme, comme toi je n'aime pas tout, mais il me reste encore beaucoup à découvrir, chaque chose en son temps. Merci pour ton article qui rend hommage à ce génie, comme tu le dis si bien.

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    1. Quitte à choisir entre Angora et La Nuit Je Mens, je suis comme toi, je garde La Nuit Je Mens (j'adore Angora aussi, hein). Et si je dois choisir tous titres confondus, je l'ai dit dans l'article, ce serait Aucun Express.
      Pareil, je vais à mon rythme (le mien est très lent), je sais qu'un jour l'envie me prendra de faire le tour de sa discographie.

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  3. Tu ne parles pas de l'avant "Osez Joséphine", tu n'a jamais exploré? Si c'est le cas, tu devrais, c'est magnifique (souvent). Tu peux même y aller avec le sourire du petit con, il s'effacera bien vite^^

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    1. J'ai pourtant lu la biographie de Besse sur Bashung qui m'a prouvé, plus que jamais, que sa démarche avait toujours été expérimentale. Donc ça devrait m'intéresser, c'est clair. J'ai déjà noté que Chatterton pourrait me plaire. Si c'est le cas, je remonterai au-delà, mais comme je le dis dans l'article, je suis pas mal refroidi par le fait qu'Osez Joséphine, aujourd'hui encore, ne me plaît pas. Je crains que tout ce qui soit postérieur à cet album ne soit pas ma came. Mais vu l'affection que j'ai pour Bashung, je sauterai un jour le pas, c'est évident.

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    2. Play Blessures, je ne dit que ça!

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    3. Je note, je note. J'y viendrai. Mais quand ?

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  4. Amen, immense disque. Essaie "Play Blessures". Il est compliqué, ça peut être dur pour certains de rentrer dedans, mais c'est un de mes préférés de Bashung, voire mon préféré, précisément pour cette raison. Et il est audacieux ;) Sinon, dans le même genre sombre et aventureux, il y a apparemment "Novice" et "Figures Imposées", mais je ne les connais pas.

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    1. Décidément, deux conseils orientés vers ce Play Blessures. J'y viendrai donc, assurément, un jour.

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    2. Justement "Figures imposées" me fait penser a un "Play Blessures" accessible et "Novice" est à part lui-aussi...

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  5. Un soir, la compagne de mon meilleur ami, au retour d'un contrat et après une arrêt covoiturage se terminant en apéro whisky me fourre dans les mains un album, il venait de sortir, elle l'avait usé et me glisse : "Ça devrait te plaire... moi il faut que j'arrête de l'écouter car sinon je ne vais plus écouter que ça... garde le tant que tu veux et si t'arrives à t'en défaire, tu me le rends..."
    Bien étrange présentation.
    Je jette un œil embrumé sur le CD, je monte dans la voiture et le glisse dans le lecteur.
    J'attends de sortir du chemin pour faire play car à cette époque les lecteurs CD auto, c'était plutôt hasardeux côté stabilité...
    La musique commence, je reconnais cette voix, celle qui m'avait déjà hanté avec Vertige...
    Que j'avais suivie en pointillé et puis oublié sur l'étagère de la varièt' française, ce que je croyais moi aussi...
    Je me souviens avoir stoppé la bagnole, être resté là sur le bord de la route et avoir écouté l'album en son entier - captivé par cet incroyable univers...
    Dès ce jour, Bashung est entré définitivement dans ma vie et je ne le cache pas, aujourd'hui, il me manque...
    C'est simple, ça a commencé là ...
    J'ai fait le chemin de ce que j'avais raté à l'envers et ai tout suivi après...
    Oui, il me manque...

    Un jour j'ai eu le malheur de prêter à une personne peu "soigneuse" le Bleu Pétrole que je venais aussi d'épuiser, tentant de réitérer ce don qu'on m'avait fait...
    Elle a eu le malheur de coincer le CD dans sa platine, je crois bien que c'est une des rares fois où la vraie colère m'a pris - elle n'a eu qu'une alternative, filer illico me le racheter...
    Il est des artistes précieux que l'on abîme pas - interdit.
    MDDC...
    surement et je pensais en parler cette année d'ailleurs de cette fantaisie...
    Merci pour lui.

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    1. Je crois que c'est pour ce genre d'histoires que j'aime l'idée d'échanger sur des blogs ou forums. C'est hyper personnel, mais ça donne une idée de ce qu'un artiste peut représenter dans une vie. Le disque dont tu parles, c'est bien Fantaisie Militaire, ou un autre Bashung ?

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  6. Tu n'es pas le seul blogueur à avoir placé ce disque dans ses favoris, souvent c'est d'ailleurs des personnes qui n'écoutent pas majoritairement du français... Du coup je garde l'idée dans ma tête de l'écouter, un jour.... dans 6 mois ou dans 10 ans.

    J'aime beaucoup cette idée de rubrique. Je crois que chaque personne ayant un blog musical l'a créée, et c'est toujours ma préférée: voir la rencontre entre un album et une personne, dont à force on connait bien les gouts. C'est le gros avantage des blogs d'assumer cette subjectivité.
    ainsi ca sera toujours une bonne surprise de venir ici et lire un nouveau numéro des MDDC...

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    1. Et oui, moi aussi, comme je le disais sur le commentaire plus haut, le rapport entre un disque et une personne me fascine. Pour toutes mes passions, quelles qu'elles soient, j'aime toujours intégrer un rapport humain, social, à celles-ci. C'est pareil avec la musique.
      Empiler des disques, aussi magiques soient-ils, c'est beau, mais les histoires qui ont fait ce disque (par ceux qui l'ont fait et par ceux qui l'ont aimé), c'est un truc dont, je pense, je ne me lasserai jamais.

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    2. Mais par contre, je ne peux que t'encourager à l'écouter ce disque ! J'imagine que tu en connais quand même quelques extraits ?

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  7. mon préféré également et pourtant... je l'ai écouté sporadiquement bien 6 mois avant que la révélation n'opère: chef d'oeuvre !
    (l'Imprudence est pas loin non plus)

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    1. L'Imprudence est un peu plus en retrait chez moi, même si je l'aime beaucoup aussi. Peut-être me fera-t-il la même chose que Fantaisie Militaire pour toi, qu'il me livrera d'un coup tous ses charmes. Ou plutôt que je serai capable de le comprendre suffisamment pour l'aduler (je l'aime beaucoup c'est déjà pas mal).

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  8. Ah Bashung, mon idole absolue, avec Neil Young ! Quel immense artiste, LE rocker français !
    Je l'ai vu en 2003 pour la Tournée des Grands Espaces"....inoubliable, grandiose.....malgré les moult concerts que j'ai vécu, depuis mes 15 ans (ai 39 cette année), celui-ci reste gravé à tout jamais en moi, sublime trace indélébile et obsédante. MON PLUS GRAND CONCERT !
    "L'imprudence", "Fantaisie Militaire" et son oeuvre hélas testamentaire "Bleu Pétrole" sont des chef d'oeuvres indépassables, véritables poèmes musical !!
    Je me souviendrais toujours du choc de sa disparition. Les larmes et la tristesse comme pour un proche. Il nous manque énormément.
    Merci de ce magnifique, très sincère et émouvant papier !
    A +

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    1. Tu m'étonnes, je me souviens moi aussi du moment où j'ai appris sa disparition. Je faisais pas le fier alors que j'ai d'habitude pas mal de recul par rapport aux décès des artistes que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam dans la vraie vie.
      A croire que Bashung, comme Mark Linkous ou Vic Chesnutt (les deux autres pour qui ça m'a fait la même chose ces 5 dernières années), avait réussi à pénétrer dans ma propre vie sans même que la rencontre soit nécessaire.
      En tout cas, le voir en concert est une chance que je n'aurais jamais eu. Je t'envie.

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    2. Tu vas être fier de moi : j'ai acheté Vixadixiesubmarinetransmissionplot cet aprèm ;)

      Pour le moment, ça ne m'a fait ça que pour Lou Reed je crois bien. Mais c'était violent, sa mort m'a complètement remué, pendant assez longtemps. J'écoutais sa chanson "Hello It's Me" en boucle. Elle a été écrite en hommage à Andy Warhol quand lui-même est décédé. J'étais hyper mélancolique pendant 2 ou 3 semaines, à écouter ses chansons les plus dépouillées, les yeux humides en regardant la pluie par la fenêtre du tram. Et de temps en temps un petit sourire, tout seul, quand dans une chanson il envoyait un de ses pics d'humour noir. Et c'est dingue, mais rien que d'écrire ça j'ai les yeux qui piquent, et pourtant je suis bien le dernier à montrer ce que je ressens, surtout que je ne l'ai évidemment jamais connu personnellement, c'est étrange.

      Ce mec a changé ma vie. Et je crois que c'est le cas pour énormément de gens.

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    3. Tu me diras ce que t'en penses du Sparklehorse =)
      Sinon, pour Lou Reed, j'ai pas été touché plus que ça. J'aime bien le Velvet (enfin un ou deux albums), mais pas au point d'ériger un culte à Lou.

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    4. moi aussi seule la disparition de Linkous m'a touché jusqu'à présent.... pourtant les 2 concerts que j'avais vu de Sparklehorse, ca n'avait pas vraiment été top. Mais les disques !!!

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    5. J'adore le Velvet, et puis "Berlin" est sans doute mon album préféré de tous les temps.

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    6. @Xavier : Parce que, non content d'avoir vu Eels période Beautiful Freak, t'as vu Sparklehorse sur scène ? Joli palmarès personnel en tout cas ! Même si effectivement, je suis pas sûr que Linkous en live, ça apporte une quelconque plus-value par rapport à ce qu'il fait en studio. Les quelques lives que j'ai vont en tout cas dans ce sens. Mais des chefs d’œuvre comme It's a wonderful life, y en a pas 40...

      @Alexandre : Le Berlin dort depuis trop longtemps sur mon disque dur. Je vais profiter de cette journée de révisions pour lui donner sa chance, tiens.

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    7. Pareil surtout Linkous pour moi, et MCA des Beastie Boys, là ça m'a foutu un coup. Et puis Isaac Hayes un peu aussi et Vic Chesnutt. Mais Bashung et Lou Reed j'étais pas assez proche de leur univers.

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    8. Vic Chesnutt & Mark Linkous, pareil que pour Rabbit...

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    9. Je vois qu'on a pleuré les mêmes. Pour Vic Chesnutt et Mark Linkous, les circonstances de leur mort ont tendance à me les faire regretter davantage encore. Et à me dire que ces types-là devaient quand même être sacrément torturées, mais bon, au vu de ce qu'ils composaient, on le savait déjà.

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    10. J'ai vu Sparklehorse sur scène en première partie de Radiohead sur la tournée OK Computer. A l'époque je ne connaissais pas le groupe, et j'étais si excité par la perspective de voir Radiohead (ainsi que par la demoiselle qui m'y accompagnais) que je n'ai rien écouté. Par acquis de conscience, j'ai quand meme jetté une oreille sur le VivaDixies après coup, et je suis devenu fan d'emblée.
      j'ai revu Sparklehorse à Paris pour la tournée It's A wonderful life, un concert qui avait été diffusé à la radio et qu'on trouve sur le net je crois (il faudra que je le réécoute d'ailleurs, voir si ca différe de mes souvenirs); Linkous était pas en forme, il a massacré pas mal de titres, dont sa plus vieille (et plus belle) chanson "Homecoming Queen". J'avais été très décu par ce concert. En revanche j'avais eu un coup de coeur pour la première partie, Gemma Hayes...

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    11. Parce que EN PLUS, t'as vu Radiohead période Ok Computer ? Comme je t'envie (j'ai jamais vu Radiohead en live, j'avais failli les voir à Arras mais j'avais eu un empêchement de dernière minute).
      C'est de toute façon ce qui ressort d'une manière globale des lives de Sparklehorse. Ce type était à mon avis plus à l'aise dans un espace confiné avec des personnes qu'il connaissait que livré en pâture devant des milliers d'inconnus. Ca, et les cuites qu'il s'infligeait avant les lives...

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    12. Oui, j'ai eu cette chance, c'était mon 2eme concert, après Eels (les deux en 1997, j'avais déjà 20 ans...). J'ai malheureusement vu très peu de concerts à cette période, d'abord parce que j'avais peu les moyens et surtout parce que j'habitais Marseille, qui était à l'époque très largement ignorée de toutes les tournées. Mais bon, je me console en me disant que j'ai vu peu de concerts, mais des concerts qui font des envieux aujourd'hui...
      pour Radiohead, j'ai eu l'occasion de les voir à plusieurs reprises. Même si leurs disques sont loin d’être aussi marquants aujourd'hui, il y a toujours une émotion particulière qui passe; c'est loin d’être perdu pour toi, ils repasserons forcément à plusieurs reprises en France.

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    13. Préférant la qualité à la quantité, je pense pouvoir dire sans trop m'avancer qu'il est préférable d'avoir attendu ses 20 ans pour assister à des concerts et débuter par Eels et Radiohead, que de s'y mettre plus tôt avec des choses dispensables dont on ne se souvient plus des années après.
      Un de mes premiers, moi, c'était dans le cadre du festival Art Rock. J'avais 15 ans, y avait Mercury Rev et Sonic Youth (que j'avais donc vus). Mais j'étais con, c'était surtout pour Luke que j'étais venu (mais au final, c'est surtout Sonic Youth que j'avais aimé, j'avais fait une allergie au côté précieux de Mercury Rev).

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    14. Oui c'est vrai qu'en commençant tard les concerts, j'ai évité pas mal de bouses....
      Mercury Rev et Sonic Youth, c'est pas mal comme débuts aussi ! C'était quelle tournée pour Mercury Rev? J'étais allé jusqu'à Paris pour les voir sur la tournée Secret Migration, car je ne les avais jamais vu avant - bon, j'avais pris la place avant de connaitre le prix d'un AR TGV Lyon-Paris.... Finalement j'ai pas regretté, j'avais vraiment adoré!

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    15. C'était la tournée The Secret Migration pour Mercury Rev. Et deux mois après, à la Route du Rock, je retrouvais ces deux mêmes groupes lors du même festival. Je ne sais plus si c'est cette année-là ou deux ans après, en 2007, que les Sonic Youth nous avaient joué leur Daydream Nation dans l'ordre et en intégralité. Sacré moment.

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  9. Tiens personne n'a mentionné sa version posthume de "L'homme à tête de chou", excellente et personnelle tout en restant très fidèle à l'esprit de l'original.

    "Fantaisie militaire" est aussi mon préféré mais je en suis pas remonté bien loin avant, la même peur que toi d'être déçu au regard des tubes connus qui sont sympa sans plus. Visiblement une erreur mais on ne peut malheureusement pas tout écouter, la faute à ces bêtes journées de 24h !

    Sinon ma vraie découverte de l'artiste remonte à la sortie de "L'Imprudence" et l'écoute de "Faites monter" sur une compil' des Inrocks à une époque où ils savaient encore se rendre utiles. C'est resté mon morceau favori du bonhomme.

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    1. Clair qu'entre Tel et Faites Monter, L'Imprudence démarre bien. J'ai aussi écouté L'homme à tête de chou. Je ne suis pas spécialement fan de Gainsbourg (j'aime bien Melody Nelson, mais à part ça...), et c'est sans surprise que je préfère la réinterprétation de Bashung, mais je pense que les dés étaient pipés d'avance concernant mon jugement.

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    2. L'homme à la tête de chou est en effet très réussi, c'est une relecture d'une grande qualité, à la fois exigeante et audacieuse de ce chef-d'oeuvre. Mais je connais trop la version celle de Gainsbourg pour écouter celle de Bashung sans entendre Serge chanter derrière lui, et c'est pareil pour l'orchestration.

      "Tels" et "Faites Monter" comptent aussi parmi mes préférées de l'artiste. Vous pouvez tenter le très dark (c'est pour Rabbit ça ;) ) "Play Blessures" !

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  10. J'ai eu la chance de l'entendre répéter à l'époque de Play Blessure, alors que nous jouions dans le studio voisin. Grand souvenir.

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  11. Peut-être aussi mon album préféré (mais combien d'autres merveilles !) de celui qui nous manquera toujours...

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    1. Salut, et merci de passer par ici !
      Effectivement, Bashung nous manquera. Et pourtant, il me reste encore tellement à découvrir dans sa discographie qu'il me faudra encore des années avant d'appréhender l'ensemble de la qualité de son oeuvre.

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  12. Parmi les grands albums, assez méconnus, de Bashung, il y a Novice. Certes, il a une production terriblement datée, très rigide, mais ses chansons sont grandioses, il faut aller au-delà de ce sons. Il n'y a qu'à écouter ce qu'il en fait en concert. Ce sont toujours des moments forts, parmi les plus violents de ses concerts, mélnge de funambule entre tension et émotions contenus. Et les textes n'ont pas la touche de celle de Fauquette mais c'est signé par son ancien compère, Boris Bergman, qui délaisse un peu les calembours pour l'humour noir.

    Et pour ceux qui ont le coeur tendre, on y trouve By Proxy, la chason où son chant est le plus impudique, plein d'émotion avec des dentelles de guitares à la Durutti Column. Une splendeur cachée et inconnue de son répertoire.

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