A Perfect Week (5/7) : Amon Tobin - Easy Muffin (1997)


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On s'approche malheureusement déjà de la dernière ligne droite et ce vendredi, c'est le thème suivant qui était retenu : Espoir : La chanson parfaite que l’on écoute le vendredi soir, alors que la semaine de travail s’achève, qu’un soulagement émerge nécessairement et que les projections du week end deviennent enfin concrètes.



Amon Tobin c’est, je le sais, l’un des artistes qui va le plus m’accompagner durant ces prochaines années. Pas forcément celui que je vais le plus écouter (encore que), mais bien l’un de ceux qui va s’imposer comme l’un de ces musiciens auxquels on est particulièrement attachés. 

Comment je le sais ? La quasi-totalité de ses disques me touche énormément. J’y reconnais à la fois une évidence et un relatif confort auditif, en même temps que des expérimentations osées. C’est ce paradoxe de fausse simplicité ou d’immédiateté expérimentale qui, je crois, me plaît le plus ces derniers temps. 

Et donc, le Brésilien a tout pour devenir l’un de mes artistes de chevet – qu’il n’est pas encore tout à fait, faute d’avoir assez de recul sur son œuvre. A ce petit jeu, Out From Out Where ou Permutation fonctionnent déjà très bien par chez moi, mais je dois avouer que c’est Bricolage (1997) qui a ma préférence. 

Avouer ? Oui, car ce n’est sans doute pas le plus difficile d’accès et qu’il est sans doute plus facile de dire que l’on préfère un disque plus aventureux d’Amon Tobin. Qu’importe. Je vais même plus loin dans l’aveu de facilité en retenant comme morceau cet Easy Muffin, qui est finalement un formidable croisement entre la facette acid ambient d’Aphex Twin et l’abstract hip-hop de Dj Shadow ou RJD2

Mais Amon Tobin, c’est bien plus que cela, et réduire le musicien à de quelconques courants musicaux serait forcément réducteur au vu de sa créativité. Il n’en reste pas moins qu’un titre tel que Easy Muffin permet de coller parfaitement à la thématique du jour. Il dégage une coolitude évidente, qui colle tout à fait à l’humeur du vendredi soir. Il est également associé à une forme de spleen qui pourra correspondre à l’incertitude du programme du week end à venir, ou la nécessité de couper le contact, de lâcher les chevaux quant à la semaine qui vient de s’abattre. Cela signifie et marque une forme de rupture. 

Mais surtout, Easy Muffin parvient à être humain tout en étant très synthétique. Il sied tout à fait à ce moment de la semaine qui marque celui où l’on va réellement pouvoir profiter de nos proches tout en prenant du temps pour se recentrer sur soi. Il incarne la vie en somme (et là, je ne me souviens plus si ce « il » concerne le morceau ou le moment de la semaine, comme quoi). Et justifie que je m’étende davantage sur la discographie de celui qui sera bientôt, au même titre que Sufjan Stevens ou Sparklehorse dans des registres très différents, l’un de mes musiciens de chevet.

Commentaires

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    1. Hé hé, ça se rapproche de ton champ de préférences, aussi.

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  2. Me fait aussi penser à Bonobo, c'est dire tout le bien que je pense de lui.

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    1. Je préfère Amon Tobin à Bonobo. Largement. Mais j'apprécie quand même certains titres de Bonobo !

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  3. Impossible de retrouver pourquoi ce nom me parle, à part la similitude de sonorité avec Anton Corbijn, mais j'ai déjà croisé ce nom.
    Pas pratique d'écouter pour l'instant, j'y reivendrai.

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    1. N'hésite pas à me dire ce que tu en auras pensé quand tu y reviendras.
      Le nom pourrait être un mix entre Anton Corbin, effectivement, et Aphex Twin.

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  4. J'ai un ami qui est vraiment fan. Je crois qu'il la vu sur scène pusieurs fois. A chaque fois qu'il m'en parle, je me dis qu'il faut que j'essaie. J'avais glaner quelques titres sur le net il y a une dizaine d'années mais c'était pas la période pour moi pour écouter cette musique.
    Là, ça le fait vraiment bien. Oui, je me vois bien rentrer du travail et me ressourcer sur cette musique, un peu féline, envoûtante et spirituelle.

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    1. Amon Tobin fait partie de ces artistes dont les fans l'écoutent de manière quasi-religieuse.
      Je n'en fais pas encore partie (loin de là) mais il y a clairement moyen de trouver son bonheur dans ses nombreux disques.

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  5. Pas vraiment ma tasse de thé, mais un disque de chevet c'est jamais innocent ou inoffensif.
    Une découverte de plus. Peut-être y revenir un jour, oui ...

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    1. Si déjà ça t'a permis de découvrir, ça justifie ce choix !

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  6. Ça me fait penser que je n'ai rien proposé d'un peu electro cette fois. ..
    J'avais un peu écouté à ses débuts, mais je trouvais ça trop... ou pas assez...comme ce que j'écoutais. ..
    Alors aujourd'hui que j'en ecoute moins c'est peut-être le bon moment d'y revenir parce que c'est évidemment tout ce que j'aime. ..et le morceau est top ! ;)

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    1. Alors c'est l'un de ses morceaux les plus accessibles, mais vu tes centres d'intérêt Warpiens, je suis pas inquiet, ça pourrait bien te plaire.

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  7. Génial, j'aime bien, je m'en souviens de cet album.. je ferais bien un footing avec ;D

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    1. J'aurais du mal à courir dessus, pour ma part. Manquerait presque d'entrain. Ou pas la lucidité pour apprécier toutes les subtilités, surtout.

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  8. C'est marrant, j'imaginais le thème "Espoir" plus joyeux, plus pétaradant. Or, beaucoup de participants y ont plutôt vu une forme de nostalgie. Comme quoi, un simple mot peut évoquer mille choses en même temps.
    Très beau titre que j'écouterais bien couché dans l'herbe fraiche, à l'ombre d'un cerisier en fleur.

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    1. T'as raison, mais c'est sans doute que le thème est disparate entre le mot clé "espoir" et la description qui suit. D'où ce spectre d'émotions suscitées.

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  9. Je le colle sur ma liste de recherche...

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    1. Tant mieux. Curieux de savoir ce que tu en penseras.

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  10. C'est mon fils aîné qui m'a fait découvrir cet univers...
    Oui ça compte pour une sorte de ligne musicale directrice dans ce futur dans lequel on est bien embarqués.
    Comme quoi l'électro n'est pas (préjugé ou a priori) incapable d'émotions...
    personnellement, je sais pouvoir écouter cela en boucle, jusqu'à no limits...
    C'est hypnose, tellement bien produit, ciselé, bref... :)
    THX

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    1. Je ne me suis jamais réellement posé la question de l'incapacité de l'électro à procurer des émotions. Peut-être parce que je suis né avec le web et les nouvelles technologies hyper accessibles. Mais ces technologies et l'électronique ont toujours fait partie de ma vie, si bien que l'électro est l'un des courants qui m'en procure le plus, justement, d'émotions.

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  11. C'est superbe !
    J'adore. Bon c'est réducteur certes mais ça me rappelle des trucs que j'adore comme DJ Shadow.
    Merci pour la découverte, je pense pas que j'y serais venu comme ça. Des artistes commençant par "Amon..." en général c'est référence aux seigneur des anneaux (c'est l'elfique de colline je crois, donc dans plein de noms de lieux). Et du coup, autant Tolkien littérairement et au ciné ça me parle, autant en musique les références fantasy ça veut dire du prog à outrance ou du metal (préjugés aussi...) !

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    1. Je ne connais pas l'univers de Tolkien, ni le Seigneur des Anneaux, donc pour moi, 'Amon', ce n'est que le prénom de Mr Tobin, mon artiste brésilien préféré (et il y a de la concurrence, mais dans un autre registre, avec Jorge Ben).

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  12. Merci pour la redécouverte. Attiré par la pochette j'ai emprunté l'album bricolage à la médiathèque du coin il y a plusieurs années, j'avais trouvé ça cool pour réviser, mais après avoir usé 5-6 fois le disque dans la semaine je suis un peu resté sur ma faim, comme un sentiment de superficialité ( l'héritage ambient music ). Ce qui m'a étonné puisque je suis moi même friant de minimale et suis habitué à la sobriété dans la sobriété et la répétition. Là en l'écoutant 2-3 fois le morceau, le même sentiment me reste à l'oreille.

    En tous cas, suite au Portishead d'hier, ton chemin à Amon Tobin parait une évidence. On peut voir ça comme un prolongement approfondi, un aboutissement d'un album comme Kid A, que je me suis d'ailleurs refait hier en entier après être passé chez toi : ça m'avait manqué.

    Audrey parlait de concert. je pense que c'est typiquement le genre d'artiste que je pourrais réussir à apprécier pleinement grâce à une performance live, permettant de se plonger entierrement dans l'ambiance.

    Merci !

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    1. Oui, c'est intéressant ce que tu dis sur le prolongement entre Radiohead (et pas Portishead :p) et Amon Tobin.
      Content que tu te sois fait le Kid A suite à l'article d'hier en tout cas.
      Jamais vu Amon Tobin (ni Radiohead mais ça devrait être corrigé à Arras en juillet) en concert, ça doit effectivement donner, même si j'ai pour habitude d'être déçu par les live électro. Je préfère écouter cs musiques chez moi.

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  13. Dans la catégorie "je vais surprendre" tu seras définitivement le gagnant, bon, reste samedi et Dimanche. Comme Keith, j'ai une lecture davantage 1er degré du thème (en fait plutôt 13 degrés), du moins il me semblait. Mais en te lisant je vois ce que tu ressens du Vendredi soir. De mon côté le Vendredi Soir est presque plus jouissif et lâchage d'énergie que le Samedi finalement. Amon, chouchou de MAGIC je le suis gentiment depuis son disque pour jeu de UBI SOFT, juste un seul retour arrière (Supermodified) mais je n'avais pas atteint ce disque. C'est fait maintenant

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    1. Oui, c'est Splinter Cell le jeu dont il avait fait la BO, je crois.
      Chacun sa conception du vendredi soir, du samedi soir... et de tous les autres jours. Là réside en partie l'intérêt de ce jeu, confronter nos perceptions de ces temps... en musique, évidemment.

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  14. Le vendredi décontraction, brides lâchées, cerveau au repos!!
    C'est bon ce truc, je ne connaissais pas (again).

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    1. C'est cool si ça te permet de découvrir Amon Tobin. Son univers est vraiment riche.

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  15. Je ne connaissais pas Amon Tobin (juste de nom), mais j'adore ce morceau ! si tu n'avais dis que c'était son plus accessible, j'aurai fureté au Gibert à la recherche de Bricolage... mais bon, si je le croise à pas cher je me laisserais peut etre tenter.
    concernant le thème, ce titre correspond très bien pour moi aussi à un vendredi soir. Une sorte d’apaisement, de relâchement de la fatigue de la semaine...

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    1. C'est effectivement, à mon sens, le plus accessible, l'honnêteté me pousse à le reconnaître, même si je serais tenté de te dire que c'est absolument faux, que tout est accessible chez lui, et que tu dois te ruer chez Gibert à la recherche de ce disque =)

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  16. Je pense que dans l'ensemble c'est probablement mon préféré dans la période plus accessible avant Foley Room (qui est pour moi son CO inégalable, même si j'adore aussi ISAM)... super choix. Je l'avais vu en 2003 à l'époque de Supermodified mais ça m'avait pas marqué, le cadre ne s'y prêtait pas trop faut dire (dans un amphithéâtre en plein jour !).

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    1. Autant en amphithéâtre, pourquoi pas, mais en plein jour, en effet, c'est pas l'idéal pour apprécier Amon Tobin je trouve.
      N'empêche, la classe de l'avoir vu en live. Pas eu cette chance.
      J'aime bien Foley Room mais c'est pas celui que j'ai le plus écouté. Il faudra que j'y revienne, vraiment.

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  17. Mauvais souvenir en live en 2001. Un DJ avec un casque sur la tête, vissé à ses machines, et le son beaucoup trop fort.
    Par contre, toute sa discographie est intéressante, oui. Et le dernier va loin.
    http://jesuisunetombe.blogspot.fr/2016/09/amon-tobin-dark-jovian-2015.html

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  18. J'étais un peu resté à côté du dernier EP, contrairement à toutes ses autres sorties, en fait.
    Peut-être le court format aussi, qui colle moins à son univers ample dans lequel il faut s'immiscer.

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