Parsley Sound

C'est en lisant ce qui se passait du côté de chez Charlu que j'ai découvert, hier, que Parsley Sound avait sorti un album en 2013. Rien d'exceptionnel ? Peut-être, mais on parle là d'un duo qui n'avait pas livré de LP depuis dix ans.

Dix ans d'inactivité discographique (à l'exception d'un single, sorti en 2009, sur lequel je m'étendrais davantage plus tard), soit deux ans de plus que l'attente (qui semblait durer une éternité) entre Tomorrow's Harvest et le précédent opus de Boards of Canada (The Campfire Headphase), et soit l'exacte durée qui séparait Allelujah ! Don't Bend ! Ascend ! de Yanqui UXO.

D'abord baptisés Slum et signés chez Warp (il n'en sortira qu'un EP en 1999, intitulé Twilight Mushrooms, sur lequel je n'ai jamais réussi à mettre la main), les Londoniens Danny Sargassa et Preston Mead prennent ensuite le pseudonyme de Parsley Sound et rejoignent l'écurie Mo' Wax.

Après une série d'EP, ce Parsley Sounds était plutôt attendu par la presse spécialisée et la pop psychédélique du duo obtiendra un succès d'estime. Il faut dire qu'entre les influences pop (surtout les Smiths) de Preston Mead et celles de Danny Sargassa plutôt orientées vers la techno et l'électro, les influences qui viennent nourrir ce disque sont diverses, si bien qu'il est vite rangé dans la même mouvance qu'Air. Sauf que l'utilisation des divers bidouillages électroniques est quand même carrément plus en retrait que chez les Français.

Écouter Parsley Sounds (2003) sur Deezer.

Bref, Parsley Sound, j'ai découvert en 2007 via un détour hasardeux (comme tant d'autres) sur la page Myspace du groupe (et oui, à l'époque, Bandcamp n'existait pas). J'ai immédiatement accroché à un titre, Devotions, et j'ai tenu à écouter le seul LP du groupe. Ne le trouvant nulle part, je me suis même résolu à l'acheter en ligne, ce qui constituait mon premier achat de ce type, à une époque où j'étais encore plus réfractaire à la besogne qu'aujourd'hui.

L'album m'avait dans un premier temps déçu (peut-être parce qu'il ne contenait pas le titre sur lequel j'avais buggé, et que je n'avais même pas pris la peine de vérifier ce détail) mais, au gré des écoutes, comme bien souvent avec moi, le downtempo des Londoniens me captivera.

 En 2013, donc, est sorti Picnic On Mars. L'album tient ses promesses (peut-être même plus que ceux de GY!BE et BoC, auxquels je le comparais plus haut). Là où l'album était attendu il y a dix ans et sortait chez un label reconnu, il est aujourd'hui disponible sur la page SoundCloud d'un groupe qui n'atteint même pas la centaine de "followers". La mouvance downtempo/psychédélique est toujours là, mais elle s'est enrichie d'orientations noisy (Woodsum Lake) ou même chamber pop avec cet Untitled 2012 faisant penser, par certains aspects, aux Tindersticks de Stuart A. Staples. Surtout, l'album contient ce Devotions, légèrement remanié par rapport à la version disponible sur MySpace à l'époque et qui fera l'objet, en 2009, de la sortie d'un single, qui me fascine toujours autant avec son mini refrain évoquant le Moby de Play ou 18 venant briser un équilibre menaçant sur le reste du morceau.


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