Collective Soul - December (1995)

Un petit coup d’œil dans le rétro en ce dimanche midi avec Collective Soul, formation dont j'ignorais jusqu'à l'existence en début de semaine avant de découvrir leur album éponyme de 1995.

Les Américains - le groupe nous vient d'Atlanta - s'est formé en 1992 et a enregistré un premier opus, Hints Allegations And Things Left Unsaid, dès l'année suivante avant d'enchaîner avec le fameux éponyme qui nous intéresse aujourd'hui en 1995.

La suite ? Sept albums entre 1997 et 2014 sans réelle coupure (seule l'attente entre un deuxième éponyme paru en 2009 et See What You Started By Continuing sorti cette année) dont je serais mal placé pour évaluer la pertinence puisque je n'en ai pas écouté un seul.

J'ai en revanche écouté attentivement le premier éponyme - aussi appelé The Blue Album, procédé qui n'est pas sans rappeler les sobriquets donnés à certains albums de Weezer, multipliant eux aussi les albums sans nom qui se font appeler par les fans selon leur teinte - qui est finalement assez déroutant.

Déroutant car ce rock alternatif aux rythmes downtempo contient de formidables moments (tel ce December donc), mais également d'autres où l'ennui voire l'agacement pointent rapidement. Heureusement, ces derniers ne sont pas majoritaires.

Il arrive même que ces deux sentiments se croisent sur un même morceau, tel The World I Know, qui débute magistralement avec une guitare acoustique gracieuse, de sublimes cordes et un chant qui n'est pas sans rappeler Jeff Buckley. Puis arrivent le pré-chorus et le refrain. Le charme s'effrite. L'énergie lorgne alors vers un rock à l'émotion surjouée qui n'a aucun scrupule à basculer de nouveau vers la partie gracieuse initiale. 

Pour revenir à ce December, donc, il évite l'écueil de ces parties agaçantes et reste empreint d'humilité. La guitare acoustique en intro est encore une fois l'élément principal (avec une ligne de chant impeccable) de l'intérêt d'un morceau qui évolue rapidement vers quelque chose de plus rageur, mais l'on sent ici la démarche honnête.

Quand aux nostalgiques des années 90, ils trouveront dans le clip de quoi alimenter ce sentiment. Des garçons aux cheveux longs qui jouent de la gratte, des gros plans un peu psychédéliques sur le visage d'une femme faisant la moue, un effet kaleidoscopico-négatif de rigueur sur l'essentiel du morceau. Welcome back to the nineties.




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