samedi 1 décembre 2018

Robin Foster - The Island (2018)

Pour défendre ce qui est (déjà) le cinquième disque de Robin Foster, le communiqué de presse évoquait une suite de ce qui était la plus grande réussite du Breton d’adoption, en l’occurrence sa troisième galette intitulée Peninsular.



Si celle-ci fait partie des plus grandes réussites à mettre au crédit de Robin Foster, nous ne pourrons qu’infiniment regretter que son prédécesseur, Where Do We Go From Here ?, chef-d’œuvre devant l’éternel, soit à ce point ignoré.
A peine cette impression émerge-t-elle que la lecture de la tracklist nous rassure. En effet, comme un clin d’œil, le premier titre introductif est intitulé Where We Went From There. Et après une odyssée instrumentale spectrale (Terenez), c’est même vers le Life Is Elsewhere des débuts que semble revenir Robin Foster, d’abord à l’occasion d’un Le Passage réintroduisant aussi bien les rythmiques qu’une forme de candeur touchante, puis avec Trez Bihan.
Robin Foster le dit lui-même, il cherchait "un prétexte" pour donner à Peninsular une suite. La commande de la communauté de communes "Presqu’île de Crozon Aulne Maritime" est donc tombée à point nommé, et Peninsular II - The Bridge a été pensé comme l’illustration sonore d’un documentaire dont la thématique principale est - forcément - la péninsule de Crozon.
A l’écoute du disque n’apparaissent cependant aucun des écueils que nous aurions pu craindre. La cohérence d’ensemble est maintenue et ça ne ronronne jamais - comme ce peut parfois être le cas avec certaines bandes originales - mais surtout, si le Britannique cherchait un prétexte pour composer cette suite, elle n’est nullement anecdotique et ne recycle pas vainement les idées de son prédécesseur.
Alors certes, Robin Foster dispose désormais d’une certaine assise et, après cinq albums essentiellement instrumentaux basés sur un post-rock mélancolique, sa "patte" s’affirme et certains de ses tics de construction viennent rapidement à l’esprit de l’auditeur. L’artiste utilise toujours les mêmes ingrédients - pas de révolution en vue, donc - mais la recette varie toujours.
Chacun des dix titres suivant l’introduction porte le nom d’un lieu situé sur la communauté de communes. La nature semble, encore une fois, être la source d’inspiration majeure de Robin Foster. Seul le plus brut Empyrean de l’an passé - qui pour une fois, avait eu plus de mal à rencontrer son public - semblait faire exception à cette réalité. De cette époque, il reste bien quelques résidus et Kraozon, plus musclé, met en scène des guitares plus robustes accompagnant des synthétiseurs emplis de spleen tandis que le Lynchien La Forêt est fait de cette même énergie.

Cohérent, nous disions, Peninsular II n’en est pas moins sublimé par quelques sommets, à commencer par un Ma-Unan dompté par le chant hanté de Madelyn AnnAulne et ses réminiscences de l’esprit de Sigur Rós pour l’élégance des montées en puissance et du toucher des cordes, ou encore le titre caché à la fin d’un La Pointe déjà abouti.
Avant cela, Robin Foster a choisi de renouveler sa confiance au désormais fidèle Dave Pen sur The Island, titre à la tension palpable inspiré notamment par l’histoire de ces résistants tchèques s’étant cachés après avoir assassiné un leader nazi, thématique principale du film Anthhropoid dont le Britannique signait la bande originale...
La boucle est donc bouclée. Vraiment ? Pas certain, tant il se dit qu’un troisième chapitre de Peninsularserait déjà composé par Robin Foster qui, en revenant à des considérations plus proches de ses trois premiers albums, mariant son post-rock à un synthétisme mélanco-magnétique, trouve une nouvelle fois la formule pour nous entraîner dans un voyage cérébral doux et raffiné.


Ecouter tout l'album :



2 commentaires:

  1. J'ai seulement découvert Robin Foster tout récemment, avec l'album précédent entre autres et ça me plait beaucoup ! Et tu m'annonces qu'il y en a 5! 😉

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    1. Et oui, et tous sont indispensables (Empyrean, le 4ème, constitue peut-être la seule baisse de régime si on veut chipoter).

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