Blur - Thought I Was A Spaceman (2015)

Fin d'année oblige, les bilans se préparent et je me prête également au jeu, avec cela dit un petit peu moins d'entrain que précédemment puisque j'ai, grosso modo, écouté moins de disques que les années passées.

Je me suis ainsi rendu compte que je n'avais toujours pas acheté The Magic Whip, le dernier album de Blur, douze ans après mon favori de la bande, Think Tank. Commandé il y a quinze jours, j'ai reçu le disque vendredi. Je l'ai donc écouté abondamment ce week end. Et puis hier, alors que la soirée touchait à sa fin après avoir massacré un bon nombre de titres à la guitare en trio, Arte diffuse le concert de Blur donné au Zénith en juin 2015, sur lequel j'ai évidemment scotché, engrainant mes acolytes dans cette entreprise.


Cela fait plusieurs raisons de consacrer cet article à Blur. Mais la meilleure vient surtout du fait que The Magic Whip est un vrai bon disque. Damon Albarn a 47 ans et, s'il a commencé à prendre un léger coup de vieux, il n'en reste pas moins bien conservé, se dandine comme un jeunot face au public pendant 2 heures, et il a pondu - en solo - le disque que j'ai préféré en 2014 (et qui n'est pas loin d'être mon préféré de la décennie en cours). Ces propos décousus n'ont d'autre but que de justifier le fait que The Magic Whip n'est pas le disque d'une formation de pré-retraités venus relancer la machine à pognon.

Perfectionnistes, les Anglais ont même hésité à le diffuser, alors qu'il a été enregistré en moins de quinze jours, mais retravaillé en studio pendant près d'un an par la suite. A la fois immédiat et travaillé, accessible et bien produit, ce disque ne sera pas tout en haut de mon top 2015, mais il y figurera assurément en bonne place.

Et comme dans tous les bons disques - et même dans les très bons - il y a toujours ce morceau qui ne semblait pas casser trois pattes à un canard aux premières écoutes mais qui, lorsqu'on s'y attarde, révèle tout son charme et ses différentes subtilités. C'est précisément le cas de Thought I Was A Spaceman, qui démarre timidement, avec la voix de Damon Albarn sur un filet mélodieux, avant que la machine ne s'emballe dans une progression impeccable, à la fois harmonieuse et pleine de hargne.

Je craignais vraiment le retour de Blur, mais je suis ravi de constater que ce nouvel opus ne vient en rien altérer une discographie particulièrement élégante (et même impeccable depuis l'album éponyme de 1997, sans occulter un Parklife (1994) réhabilité dans ce concert au Zénith puisque 6 des 23 morceaux joués proviennent de ce disque, soit autant que des morceaux extraits de The Magic Whip, et bien plus qu'un disque tel que Think Tank, représenté par le seul Out of Time). 


Commentaires

  1. Comment! Tu n'avais pas le Blur!!! :D
    C'est très très rare mais je l'avais acheté rapidement après sa sortie (parce que je l'avais entendu qui passait dans un Cultura, je précise...)...et le titre dont tu parles est peut-être bien mon préféré de l'album aussi, avec "There are too many of us", c'est dire si on est loin du Blur "classique"...
    J'ai loupé le concert de samedi soir sur Arte mais ça devait être sympa...

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    1. J'aime beaucoup There Are Too Many Of Us, aussi, et, dans un autre style, Go Out.
      Le concert sur Arte est disponible en replay =)

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  2. Perso, je l'attend avec impatience ton top, histoire de faire le point et (re)découvrir des disques oubliés.
    "The Magic Whip" : Je le trouve très bon, à mi-chemin entre "Think Tank" et "Everyday Robots" (surtout sur les titres "planants"). Un retour gagnant et pertinent, The King revient chercher sa couronne (bitpop) !! Il sera dans mon top 10 sans problème.
    "Thought I Was A Spaceman" est vraiment une belle chanson, comme "Ice Cream Man" que j'affectionne beaucoup aussi.
    J'ai regardé le concert au Zénith de Paris hier soir en replay : excellent, ça donnait envie.
    A +

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    1. Mais l'avait-il jamais perdue, cette couronne de roi de la britpop =) ?
      En tout cas, après le 3ème Gorillaz qui était en demie-teinte (mais que j'ai appris à aimer à posteriori), le sieur Albarn vient de nous pondre deux albums de haute volée en 2 ans.
      Content que le live au Zénith t'ait plu !

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  3. Merci de la piqure de rappel quant à cet album. J'ai du l'écouter une fois à sa sortie, mais jamais depuis, ça donc été l'occasion pour moi de réécouter une des sorties les plus attendues de l'année. Il faut dire que, comme toi, j'ai baissé ma consommation de disque cet année, surtout celle des sorties dont j'ai perdu le file. Par contre j'ia bien profité de "ma" médiathèque pour enrichir ma culture en classique et jazz.
    Cet album je l'ai trouvé tout simplement bon. Il est efficace dans ses mélodies et sa mécanique est bien rodée avec Albarn et Coxon qui surnagent largement le groupe. On ressent cette rapidité d'enregistrement, avec une production assez réduite ( surtout lorsque l'on comapre avec le sublime et très travaillé everyday robot ) pour un rendu plus instrumental, presque live. Et cela fonctionne à merveille, comme au "bon vieux tempts". D'ailleurs je vous rejoinds sur "Thought I Was Spaceman" qui est vraiment très bon !

    Cependant un ique pour ma part. La nonchalance habituelle de Albarn souffre d'un manque d'envie que je ressent particulièrement en fin d'album sur des titres tels que Ghost Ship ( le nom correspond bien à mon ressenti d'ailleurs avec ce vaisseau sans âme ) et Ong Ong qui me font malheureusement décrocher de l'album malgrès ce plaisir de voir le groupe réunis pour un album.

    Voilà mon avis qui est malheureusement mitigé, alors que le début d'album est pourtant si attachant.

    Bonne fête de noël à toi ;)

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    1. Salut Etienne,
      Ca fait plaisir de te revoir par ici.
      Je peux comprendre ton sentiment (que je ne partage cela dit pas) concernant la fin de The Magic Whip. Il y a en effet moins de titres phares situés à la fin du disque, mais ça ne me semble pas rédhibitoire.
      Mais effectivement, ce disque sonne bien plus urgent et moins travaillé que Everyday Robots. C'est là que l'on voit l'épaisseur de l'éventail dans lequel Albarn excelle.
      Dans l'urgence ou non, seul ou en groupe, dans une britpop très traditionnelle ou dans le cadre de collaborations avec des artistes maliens, il est toujours convaincant.
      Plus le temps passe, et plus je me dis que s'il ne fallait en retenir qu'un... et bien pour ma part, ce serait peut-être lui.

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    2. Je n ai plus vraiment le temps de m investir sur la blogosphère aussi bien que sur mon propre blog, mais quand je peux jeter une oreille et encore mieux, quelques mots, chez les confrères c est toujours un plaisir.
      Oui quel géni ce Damon Albarne, on comprend mieux son choix de partir en solo en voyant tout ce qu il avait à apporter. Peu sont les artistes à briller autant, si ce n est plus en solo qu en groupe.

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