samedi 15 avril 2017

Radiohead - Burn The Witch (2016)

Peut-être (sans doute) avais-je déjà mis ce titre à l'honneur l'an passé, mais qu'importe puisqu'en ce mois d'avril, m'est revenu dans la face ce titre de manière évidente.

Presque un an tout juste après la sortie de A Moon Shaped Pool - celui-ci ayant été dévoilé le 8 mai 2016 - ce disque a tout simplement changé de statut. Il n'est plus seulement le dernier opus de Radiohead, celui que je dois absolument aimer pour maintenir la flamme presque adolescente d'un combo qui a radicalement changé ma vie, mais bien un chapitre de plus à l'impeccable discographie de mon groupe de chevet.

A Moon Shaped Pool n'est que le troisième disque de Radiohead que je découvre de manière contemporaine à sa sortie (je suis devenu un vrai fan en 2004, un an après Hail To The Thief), et The King Of Limbs ne m'avait pas fait pareil effet. Je ne m'étais pas senti obligé de l'aimer Peut-être avais-je moins besoin de Radiohead en 2011 qu'en 2016-2017. Mais s'agissant d'In Rainbows, il avait été usé sous tous les formats (mp3, cd gravé, cd officiel, bootlegs, dvds, ne manquait que les vinyles auxquels je suis de toute manière hostile), ce qui tombait plutôt bien pour ce disque qui inaugurait le concept du pay what you want, dont on peut évaluer dix ans après l'impact sur le reste de la scène musicale...

A Moon Shaped Pool m'a hanté, a même été vital pour moi, comme a pu l'être In Rainbows il y a près de dix ans. Mais en revenant dans mon esprit alors même que je n'avais pas écouté l'album depuis un bon mois, les cordes de Burn The Witch m'ont entêté et rappelé la grâce de ce disque. Ou plutôt, elles m'ont permis de le découvrir sous un autre jour.

Celui d'un album faisant partie de la formidable collection concoctée par Radiohead. Il n'est plus vital pour moi d'aimer A Moon Shaped Pool. Il est désormais acquis qu'il s'agit-là d'un grand disque, potentiellement dans le top 3 de leurs sorties, et assurément dans le top 5 (ce n'est pas rien sachant que cela revient à placer 4 disques au-dessous, disons 3 en excluant Pablo Honey qui truste évidemment la dernière position).

Et l'écoute récente de A Moon Shaped Pool, sans pression, fait même apparaître que j'avais pu sous-évaluer sa consistance. A chercher de la beauté dans chaque titre, je regrettais par exemple que Desert Island Disk n'atteigne pas tout à fait les cimes des autres morceaux. Il me semble aujourd'hui s'intégrer avec tellement d'évidence à l'ensemble que cela ne constitue plus pour moi un problème.

Un an, c'est donc le délai qu'il me faut pour que l'étincelle de la nouveauté s'éteigne. Lorsqu'elle laisse comme ici place à quelque chose d'aussi solide, cela laisse augurer du meilleur.

Et deux mois et demi, c'est le délai avant que - je touche du bois - je ne découvre le quintet d'Oxford sur scène pour la première fois de ma vie. Vite, l'été...

18 commentaires:

  1. ah, Radiohead en concert, veinard ! joli article pour un très solide album, sur. "Burn the Witch" est un bon morceau, mais c'est peut etre celui qui est le moins dans l'esprit du disque, il est plus pop et regarde plutot vers Hail to the Thief. Bon, il est placé en premier, ce qui est à la fois judicieux et trompeur...

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    1. Effectivement, Burn The Witch n'est pas très révélateur de la ligne directrice du disque. Plus enjoué, plus rythmé, là où le reste est plus compact dans le downtempo et dans la contemplation.
      Comme tu dis, le fait de l'avoir placé en premier n'est pas anodin. C'est plus judicieux que trompeur de mon côté, ça maintient un ensemble compact une fois passé ce premier titre. Quel disque, il me touche comme c'est pas permis.

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  2. Ah tu vas les voir où ?
    Grand disque. ..finalement l'un des meilleurs sorti depuis un an. ..
    Et sinon j'ai pas compris, tu es allergique aux vinyles ?

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    1. Pas forcément aux vinyles en soi, mais à cette vague bobo-hipster'friendly qui consiste à ne jurer que par des vinyles dont le pressage numérique n'apporte pas forcément de plus-value aux CDs.
      Et puis, vu la quantité de CDs que j'ai, ça me fait chier de me mettre à un autre support, disons-le clairement, donc cette "allergie" est aussi biaisée par cet aspect.

      Pour Radiohead, je les vois (je touche du bois) à Arras au Main Square.

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  3. Profite bien !
    Cet album est divin, et surtout très classe dans le sens esthétique du terme

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  4. Dès sa découverte cet album n'a pas quitté la platine pendant plus de 15 jours...
    un fait tellement rare chez moi...
    je l'ai pris et adoré en bloc, compos, son, prod, concept...
    rare là aussi de réunir tant de qualités en un bloc synthèse.
    je le ré écoute souvent d'ailleurs, comme si il s'installait surement dans mes habitudes.
    merci.

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    1. Effectivement, la puissance de ce disque est incontestable, et il est très fascinant.

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  5. Pas marqué par ce disque pour ma part, et vraiment pas compris l'engouement si ce n'est du fait qu'on parle de Radiohead (mais ça n'avait pas empêché des tas de gens de détester The King of Limbs, pourtant infiniment meilleur et plus audacieux). Même après avoir retenté, c'est bien certes, mais pour du Radiohead c'est très mineur à mon avis, à l'image de ce morceau déjà fait en mieux ou quasiment, qui serait pour moi largement le moins bon d'un HTTT par exemple. Même In Rainbows m'avait fait plus d'effet, heureusement il y a Daydreaming, tellement au-dessus de la mêlée sur ce disque (et pourtant trop proche de certains titres de Kid A, rien de bien neuf pour eux depuis 2010 donc).

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    1. J'aime beaucoup HTTT, mais je lui trouve quand même une poignée de titres plus faibles (Go To Sleep, We Suck Young Blood, et toujours eu du mal à rentrer dans I Will même si je sais que le déclic se fera un jour pour ce titre, comme j'ai pu l'avoir récemment pour You And Whose Army ?).
      Mais comme tu le dis, TKOL avait été boudé (injustement, je te rejoins) donc l'argument du "c'est adulé car c'est du Radiohead" serait difficile à entendre pour moi.
      Sans doute que les gens avaient envie de ré-entendre Radiohead "faire du Radiohead". Ce qui serait assez paradoxal, car quand on aime ce groupe, c'est aussi et surtout pour son audace et sa volonté de se renouveler, mais peut-être, après tout.
      Il est vrai que AMSP, avec IR, est le disque qui se rapproche le + de Ok Computer...

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    2. Comme toujours dans ce type de discussions on mélange ce que l'on attend de ... et on oublie que derrière la musique il y a des humains, des artistes.
      Ils ont donc un droit de faire des choix et de "gérer" leurs envies, inspirations, carrières et créations.
      Bien souvent quand je lis les commentaires, les remarques et donc les critiques (positives ou négatives) rares sont celles qui se placent de ce côté des artistes fréquentes sont celles qui se permettent jugement par un seul bout de lorgnette.
      j'aime, j'aime pas, j'aurais aimé que...
      face à la production artistique (le vilain mot mais réaliste) ce ne sont que des approches minimales, instinctives, qu'il ne faut pas négliger mais qui ne sont pas, à mon sens, tout.
      S'enfermer dans un abord d'emblée positif ou négatif en, qui plus est, prenant des points de comparaison totalement subjectifs, alors que souvent, il suffit de balayer les a priori pour découvrir autrement la proposition artistique, c'est là aussi un constat que je fais à la lecture de critiques, comm's, etc...
      Personnellement je revendique le droit à la liberté créatrice, inspirée ou pas, à partir du moment où elle est digne d'authenticité, de personnalité et porteuse d'un minimum de message en ce sens artistique.
      Attendre d'un artiste qu'il refasse ou qu'il fasse sur, mais en mieux, ou encore qu'il fasse ce qu'on a envie ou souhaiterait qu'il, ne sont pas des comportements auxquels je peux adhérer.
      Le quotidien de l'artiste est complexe et sujet à des remises en questions permanentes, l'ignorer est indécent tout comme ne le prendre en compte. Apprécier un artiste, un groupe, c'est juste être capable de tenter de comprendre ça et accepter ses choix, quels qu'ils soient.

      Je clos là mes remarques, car de toutes façons ces comportements récurrents, de positionnements en... que je ne vais pas qualifier ici (car je ne veux heurter personne ce n'est pas mon but) - font et ont fait que bien souvent, la toile et les blogs (pros ou de plaisir) me fatiguent... il ne s'agit pas d'être enthousiaste concon, il s'agit juste d'apprendre à écouter en place d'entendre et de là encore, respecter la notion d'artistique.

      J'ai écouté cet album non comme du Radiohead... juste comme de la musique et j'y ai découvert tant de détails qu'il serait trop long ici d'en parler... par contre peut être bien que chez moi j'avancerais là dessus, juste en parler comme de la musique et pas comme du Radiohead... voilà bien qui risque de me titiller de le faire.

      Ré écoutez le en vous débarrassant de l'encombrant, vous verrez, c'est dix fois mieux.

      pas pu m'empêcher...
      Bonne journée

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    3. C'est très intéressant et tout à fait vrai ce que tu dis, je me fais régulièrement la remarque "bon c'est moins mon truc mais ils ont fait ce qu'ils voulaient je respecte".
      N'empêche, il est difficile de s'extraire de certains contexte et de notre jugement, et le but des blogs etc... Est aussi de donner envie d'écouter ce qui a touché le blogueur, et pas forcément de donner un avis objectif sur un disque (d'autant plus vrai pour les blogs amateurs).
      C'est plus un partage qu'une critique. C'est aussi pour ça que c'est plus délicat (et plus rare) e faire des critiques négatives, car il y a ce risque de ne pas avoir compris là démarche, d'être passé à côté.
      Rapprocher un disque du reste d'une discographie c'est parfois une erreur pour l'apprécier seul, mais ça permet aussi de l'apprecier dans son contexte et dans la continuité de l'oeuvre d'un artiste, ça peut amener dessus un éclairage différent et donc le "faire comprendre", ça met aussi l'artiste en valeur (même si ça déprécié l'oeuvre en miroir), et c'est aussi intéressant que de s'en détacher complètement.
      Les deux approches sont légitimes, je dirais même complémentaires, l'idéal étant de combiner les deux.

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    4. Ceci dit, le point de vue de l'artiste derrière l'oeuvre et du contexte mérite d'être mis en avant plus souvent.
      Ps : sorry, mon correcteur a fait des siennes, y'a des coquilles ci-dessus

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    5. Intéressante cette discussion. Je vois l'idée que tu essaies de faire passer Pascal, et je me ferais un plaisir de lire par chez toi ce que tu as à en dire (même si c'est déjà conséquent dans ce message).
      Comme Alexandre, je reste quand même convaincu que le fait de replacer un disque dans la disco de l'artiste permet de mieux comprendre la démarche du groupe.
      Et cela me semble tout à fait compatible avec la nécessité que tu nommes à bon escient d'essayer au maximum d'apprécier la production en elle-même.
      J'ai du mal à ne pas m'intéresser aux conditions qui ont permis la genèse d'un disque. C'est peut-être un tort, ça empêche peut-être de se laisser aller à une interprétation plus personnelle. Car c'est ça qui compte finalement. Parmi ce que l'on écoute, rares sont les artistes qui doivent livrer une galette en pensant avoir fait de la m****. Où se situe la différence ? Sur leur inspiration ? Un peu. Sur notre capacité à comprendre leur oeuvre ? Beaucoup. Surtout quand on voit que certaines sont dévaluées/réévaluées en devenant culte plus tard.
      Tout est une question de contexte.
      Je n'ai pas peur par exemple de dire que le dernier Gorillaz est une abjection. Mais Albarn a forcément pensé bien faire, et je ne peux pas penser que mon avis est plus pertinent que celui d'un tel génie. N'empêche qu'il ne m'a pas touché, et m'a même dérangé (pas comme une oeuvre qui dérange par ce qu'elle génère, suppose de manière sous-jacente, mais ça m'a juste dérangé qu'un artiste que j'adule fasse quelque chose de si affreux et sans ambition).
      Mais peut-être que c'est au contraire très ambitieux et que je n'ai rien compris. Je devrais donc dire, plutôt que ce disque est affreux, que je ne l'ai pas compris.
      Mais ces tournures et précautions finiraient par être ennuyeuses si elles étaient systématiques, non ?

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    6. C'est en effet un débat intéressant, un de ces débats sur lesquels je m'exprime régulièrement sur la toile car il est récurrent.
      Ce qui prouve son quotidien problématique.

      Je n'ai pas voulu exprimer qu'un album doit être pris "hors contexte" d'une oeuvre, d'une chronologie ou d'un parcours.
      Je veux juste dire qu'il faut être en capacité de recul par rapport à telle ou telle relation contextuelle.
      J'ai subi longtemps le simple fait de lire le "casting" d'un titre ou d'un album pour orienter mon avis en me disant que si tel ou tel zicos y participait cela devait "forcément" être bon...
      En parallèle ce genre de comportements biographique et nominatif m'a permis de découvrir en leurs temps des artistes passés à coté de mes préoccupations - je prends par exemple Daryl Hall, le mec vilipendé par excellence, que j'ai découvert au détour du "Exposure" de Robert Fripp et dont l'album "Sacred Songs" m'a ouvert une porte à l'époque vers une pop sucrée pouvant avoir un traitement audacieux puis en remontant la "filière" Hall/Oates j'ai ensuite découvert qu'ils avaient été produits par Todd Rundgren - de là la déclinaison de "gage de qualité car, si de tels mecs (Rundgren, Fripp) s'avèrent capables de lorgner vers ces gars là, cela veut dire que, etc, etc...
      Les chemins d'influences sont divers et variés.
      Après tout la pluralité et justement le non systématisme sont importants, car comment entre t'on dans un titre, un album dans la carrière d'un artiste ?
      C'est parfois bien divers pour le même auditeur qui heureusement n'écoute pas de la zic que par la déplorable critique des parutions spécialisées...

      J'ai 56 balais et aujourd’hui la différence est notoire, le net a tout bouleversé et tant mieux. Si toutefois l'on est capable de savoir rester autonome et en capacité de recul par rapport à l'info médiatique omniprésente (comme l'info politique via les réseaux sociaux... à contrôler et vérifier - recul donc)

      Quand j'ai découvert "ummagumma" et "meedle" de Floyd j'avais 12 ans et j'attendais avec impatience le "suivant" et on m'a offert à sa sortie "dark side"... je suis donc devenu un "fan" du groupe et ado je connaissais tout d'eux (du moins ce que Best ou Rock'n'Folk en disaient)... idem pour les Genesis et autres Yes, ELP, Santana et tant de groupes relayés par ces revues qui "formataient" notre liberté d'écoute...
      Alors venait la lecture des pochettes de vinyls et si l'on voulait creuser un peu on découvrait que (exemple au hasard) dans tel titre il y avait (Bowie -Young Americans)... David Sanborn...
      puis alors on écoutait Sanborn et on découvrait que... et là on s'abonnait à Jazz Hot ou Jazz Mag et le "mal" était fait, on était passé de l'autre côté... Mais on comprenait pas pourquoi Sanborn était vilipendé par ces jazzeux qui paraissaient d'un coup ringards, etc...

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    7. suite
      Tout ça est bien confus et complexe et un jour avec de la bouteille professionnelle et des années de mélomaniaquerie on se dit que, finalement, se faire confiance à soi même sans toujours se laisser influencer par ça peut être aussi une solution alternative honnête, parfois objective, en tout cas intéressante à tenter.
      Alors forcément les vieux réflexes restent et mettre un Miles Davis bootleg ne fera pas oublier les "habitudes" liées à l'adulation personnelle de l'artiste et tenter une écoute un brin objective sera illusoire car au premier coup de cymbale on sait que c'est tony, puis on reconnait l'approximation de Ron , l'audace de herbie et forcément l'inventivité de Wayne... mais tout ça est-il bien vrai ? ou inscrit dans des habitudes...

      Donc on ouvre les oreilles vers la nouveauté et je tente surtout d'éviter de taper l'incruste info net ou autre car ainsi je veux garder un sens d'écoute relativement objectif - dernière expérience en date, album Elsewhere de Denai Moore... au départ la voix me chiffonne, ce type de voix je suis pas fan... puis je l'intègre et laisse mon écoute approfondir, chercher le brin de traitement qu'on dit électro (une sorte de tout va pour justifier aujourd'hui de mettre trois synthés vintage dans l'enrobage)... quelques titres passent, un autre critère s'installe... l'album est fini, ré écoute afin de savoir si oui, ce sentiment va pouvoir se réitérer et effectivement la seconde puis les autres écoutes font surgir l'intérêt... alors seulement (plus de écoutes c'est dire) je vais voir qui est cette nana, je découvre une black, jamaïcaine (si j'avais lu ça avant d'écouter j'aurais cherché des racines reggae, connerie de base obligato), très jeune alors que son timbre de voix... bref, à contresens j'ai découvert une artiste et maintenant que je suis "renseigné" certes j'y vois plus clair, mais mon entrée dans sa zic a été non orientée, donc bien plus bénéfique.
      Mais désormais, au prochain album de son cru, que vais je vraiment attendre d'elle ??? ça va me devenir compliqué car je suis sans le vouloir... influencé.

      A l'inverse dernier Keren Ann où je suis entré avec des a priori dus à ses albums passés qu'il a fallu effacer... pour découvrir un album magnifique de pureté et d'émotion... mais l'effaçage a été long et a pris plusieurs écoutes pour aller à l'oubli de Keren Ann pour me pencher uniquement sur... ce que j'écoutais et en sortir ce que j'ai trouvé magnifique.

      Rien n'est simple...
      mais je tente toujours de chercher le pourquoi du "message" de l'artiste - c'est aussi une "déformation" professionnelle et je me dois de l'assumer.
      Comme respecter ce que cet (te) artiste a voulu exprimer et son choix.
      Et pour conclure, afin d'éviter de "passer à côté" je retente x fois si d'emblée ça a pas fonctionné, car le jour, l'heure, l'humeur, la disponibilité ne sont pas toujours au rdv sur commande, alors parfois plusieurs chances sont nécessaires (il m'a fallu un tas d'entrées pour "comprendre" le dernier Eno dont pourtant je suis un inconditionnel)

      un véritable artiste, engagé, avec du message et de l'authenticité, ça se gagne, parfois...

      Tout comme sortir des commentaires à poncifs tel qu'ici...
      Parfois débattre c'est aussi plus "constructif" et utile.
      THX

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    8. Clairement, la présence de certains artistes en guests sur des disques n'est pas un critère de réussite (il n'y a qu'à voir la trajectoire de Gorillaz, qui me déplaît fortement depuis que Damon pense à avoir une belle liste d'invités plutôt que de nous proposer quelque chose de cohérent, ou tous ces super-groupes, de FFS à Sysiphus, qui sonnent comme autant d'échecs).
      N'ayant que la moitié de ton âge, je n'ai pas connu cette époque où il fallait éplucher les pochettes d'album ou Rock&Folk pour avoir des infos sur les artistes et disques que l'on aime. Je suis né avec internet ou presque, et depuis que je suis véritablement mélomane, disons en 2005, j'ai accès via internet à toutes les infos ou presque, que je désire. Et le pay what you want lancé par Radiohead en 2007 avec in Rainbows a accentué le truc. Il y a maintenant énormément de musique accessible facilement en ligne.
      Trop, même. Cela ne permet pas toujours une digestion agréable, et je suis content d'avoir pu vivre sans cette profusion pour nouer des rapports intimes avec certaines oeuvres. Les disques qui sortent depuis 2010 peuvent me marquer, mais rares sont ceux sur lesquels je reviens très régulièrement, que je m'approprie autant que ceux qui ont tourné en boucle avant par chez moi.
      A Moon Shaped Pool est l'une de ces exceptions.
      En tout cas, je cherche tout sauf l'objectivité dans mon rapport à la musique, car cela irait contre ma définition de l'art : quelque chose d'à la fois inutile et indispensable, qui ne peut se juger, s'évaluer comme une marchandise. C'est aussi une des raisons pour lesquelles j'adore le pay what you want : l'idée de donner ce que l'on aime pour une oeuvre me convient, y compris si c'est 0€ pour une simple écoute en ligne. Je fais confiance à l'honnêteté des mélomanes. Quand je découvre gratuitement un artiste majeur, je sais qu'il y a des chances pour que j'achète ensuite son album ou que j'aille le voir en concert. Ou dans le pire des cas, que j'en parle avec passion ici ou sur IndieRockMag et que, peut-être, indirectement, cela incite quelqu'un à acheter l'un de ses disques ou à aller le voir en concert.

      Bien d'accord avec toi aussi sur le fait que l'humeur et l'environnement variant (ainsi que la nécessité de certaines mélodies d'être digérées et assimilées), la répétition des écoutes est parfois indispensable... mais difficile dans cette profusion.

      La profusion serait-elle l'ennemie du bien ? En partie. Il faut réussir à se réguler, et c'est un exercice difficile lorsque l'on est passionné et en permanence avide de découvertes.

      Un jour, j'appuierai sur la pédale de frein mais aujourd'hui, j'écoute au moins un nouveau disque par jour, et j'aurais du mal à faire sans. Quand j'aurai moins de temps, je me calmerai et je découvrirai sans doute une autre manière d'écouter de la musique, avec une approche plus minérale, plus lente, plus approfondie... Je crois qu'il y a autant de manières d'écouter de la musique que de personnes, et même dans la vie d'une personne, il y a bien des manières différentes d'écouter de la musique.

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    9. Pourvu que chacun y trouve son compte, ne soit pas (trop) frustré (car la frustration est une émotion, et donc indispensable parfois dans le rapport à une oeuvre). Se faire son idée personnelle est important, se référer aux avis des autres aussi (je n'aurais pas découvert quelques poignées de mes groupes de chevet sans Rabbit par exemple), et quand c'est fait avec passion, cela permet autant de rester sur la réserve par crainte d'écorner un monument, que de faire preuve de radicalité ou même de mauvaise foi lorsque l'on est déçu.
      Car au final, qui nous déçoit vraiment lorsqu'on déteste un disque d'un artiste de chevet ? Est-ce lui ? Le système ? Son entourage ? Ou nous-même pour ne pas réussir à accéder à une émotion que l'on soupçonne ? Il n'y a évidemment pas de réponse à cette question.
      Merci pour ta riche participation à cet échange.

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  6. zut, j'ai loupé ce débat. S'affranchir du buzz, des avis des uns et des autres, du prétendu bon ou mauvais gout pour juger un disque, oui (meme si c'est pas toujours facile).
    en revanche mettre de coté l'affect, son histoire avec tel ou tel groupe, ses a prioris, pour n'essayer de ne voir que l'intention de l'artiste et juger "objectivement" son euvre, non seulement c'est illusoire, mais c'est aussi complètement inintéressant. Tout les articles de ce type, dans la presse ou sur le net, finissent par se ressembler et à à s'en tenir soit à un concours d'érudition, soit à une fiche wikipedia.
    a fortiori sur le web amateur (comme le dit Alexandre), vive la mauvaise foi, le débat sans fin, le jugement par le bout de la lorgnette du rédacteur !

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