Ulrika Spacek - I Don't Know (2016)

"Mélange de Sonic Youth et de Can", entre Tame Impala et Radiohead"... Quand les comparaisons sont si diverses et font aussi ouvertement référence aux plus grands (avec une réserve pour Tame Impala, surtout au regard de leur dernier opus), c’est souvent assez mauvais signe. Tout au moins convient-il de prendre un certain recul. N’a-t-on pas ici à faire au dernier argument d’un gros label en mal de sensation(s) ? Pas vraiment.


Signés chez Tough Love Records, les cinq membres d’Ulrika Spacek ne semblent pas appartenir à cette catégorie d’artistes qui privilégient leur com’ au contenu musical. Pas encore, en tout cas.

Rejetant le terme de "psychédélisme" ("ce mot ne veut pas, ou plus rien, dire"), Ulrika Spacek évolue néanmoins dans un univers pouvant rappelant certains titres de Pond pour leur dimension fuzzy, mais également le Brian Jonestown Massacre pour sa radicalité et sa tendance à aller droit au but. Plus subtile, l’influence de BEAK> semble réelle, ne serait-ce que pour cette capacité à forcer un naturel basé sur le goût de la farniente (l’idée de fonder le groupe n’est-elle pas née entre deux parties de FIFA ?) pour en extraire un débit rythmique plus soutenu que viennent contrebalancer des ambiances plus austères, à mi-chemin entre krautrock et coldwave.





Finalement, nous ne résistons pas à recourir au name-dropping pour décrire The Album Paranoia. Sans doute est-ce parce que, mêlant contrées évidentes et oasis inconnues au milieu d’odes à la folie, il est rassurant de se raccrocher à ce que l’on connaît déjà. Ulrika Spacek dessine pourtant un contenu relativement inédit, plus réfléchi qu’il n’y paraît initialement, à l’image des sommets de fausse évidence que constituent She’s A Cult ou I Don’t Know.

Commentaires

  1. "I don't know" et "She's A Cult" effectivement mais aussi "Beta Male" et "Strawberry Glue". L'album est très bon et j'attends de voir ce que ça va donner en live à la Route du Rock dans dix jours !

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    1. Performance un peu gâtée par le fait que les balances m'aient semblé avoir été peut-être un peu baclées. Le réglage micro du chanteur était (volontairement ou pas ?) vraiment très faible. J'étais pourtant bien placé puisque je tenais la barrière mais j'avais du mal à percevoir le son de sa voix. A l'arrivée, même si j'ai bien aimé le set, je ne pense pas qu'ils aient complètement raflé la mise auprès du public... en tout cas pas comme ils l'auraient mérité. Dommage car sur scène, même si on pourrait discuter du loook quelque peu bigarré du groupe, ULRIKA SPACEK dégage une réelle présence et mène sa barque comme de vieux briscards.

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  2. C'est marrant, ça fait plusieurs fois que j'entends parler de "krautrock" alors que jusqu'à cet été j'ignorai complètement ce mouvement qui ne date pourtant pas d'hier.

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  3. C'est un bon album, que j'associe avec le Telegram de cette année, pour le côté album rock de jeunes groupes prometteurs mais pas encore au sommet de leur art.

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  4. Vraiment très bon le morceau, ce d'autant que je suis un grand amateur de krautrock. Je vais voir ce que ça donne sur l'album. Merci pour la découverte !

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    1. J'ai donc écouté l'album et effectivement je suis d'accords avec Alexandre. Il manque encore un petit quelque chose,notamment plus de personnalité et peut être plus d'audace, pour que ce soit un album hors du commun. Un groupe prometteur !

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