PJ Harvey - The Garden (1998)

Lorsque j'ai débarqué sur le forum d'IndieRockMag en 2007, je me souviens d'une discussion animait les différents membres : quels sont les artistes unanimement vénérés dans la sphère indé, et auxquels vous n'arrivez pas à accrocher ? En d'autres termes, qui sont ces musiciens qui auraient tout pour vous plaire mais qui vous résistent. A moins que ce ne soit nous qui leur résistions. Bref, qu'importe. Je me souviens tout autant de ma première réponse à l'époque : PJ Harvey.

Juste après, il devait bien y avoir Pavement pour lesquels je n'ai pas forcément réussi à me faire violence depuis (et l'exemplaire de Wowee Zowee avec plein de bonus doit prendre la poussière depuis de bien nombreuses années sur mon étagère).


Bref, s'agissant de PJ Harvey, la situation a bien évolué et, comme pour d'autres artistes, il m'a fallu être "contemporain" d'une sortie appréciée pour que le déclic opère. J'ai également connu cela avec son ex, Nick Cave (Push The Sky Away) ou même avec David Bowie (Blackstar, apprécié avant même la mort du génial britannique, pendant les quelques jours d'intervalle séparant les deux événements).

Avec Polly Jean, c'est Let England Shake, parfois décrié, qui a fait office de déclencheur et notamment le titre Written On The Forehead. Auparavant, je ne possédais que Stories From The City, Stories From The Sea, que j'écoutais d'ailleurs assez peu. Rien d'étonnant puisque ce disque est finalement le moins représentatif de l'univers de l'artiste. Trop ouvertement heureux - sans complaisance toutefois - pour que j'y retrouve ce que j'apprécie désormais chez la Britannique.
Car cette artiste n'est jamais aussi passionnante et touchante que lorsqu'elle évolue dans une veine tourmentée ou révoltée. C'est pour cette raison que mes disques préférés de PJ Harvey sont Dry, To Bring You My Love et surtout Is This Desire ? (étant entendu que Let England Shake est un peu hors catégorie, puisque pas aussi tourmenté mais au moins autant apprécié). C'est aussi pour cette raison que, même si j'aime beaucoup son dernier opus The Hope Six Demolition Project, je regrette certains excès d'emphase qui, s'ils ne me font pas douter de l'authenticité de la démarche, sonnent parfois comme insuffisamment congruents à mes oreilles.


Bref, Is This Desire ? donc, une pochette en miroir et en noir et blanc, déjà intrigante, pas de single absolu comme le sera Good Fortune deux ans plus tard, mais une cohérence et une douleur - elle vient de se séparer de Nick Cave, sans doute la meilleure nouvelle à posteriori pour la sphère musicale puisque ce dernier en profitera pour accoucher du chef-d'oeuvre The Boatman's Call - si intenses que ce disque est assurément de ceux qui ne relâchent jamais la pression, maintenant une poigne permanente sur l'auditeur qui n'a de toute façon pas le courage de chercher à s'évader tant la beauté et la tristesse se marient comme jamais sur cet opus. The Garden en est l'un des plus beaux exemples, redécouvert à l'occasion d'une émission sur France Inter dédiée à l'Américaine dont voici le lien.

Comme quoi, un monde récalcitrant peut finalement s'ouvrir de manière soudaine et le concert qu'elle a pu donner au Festival Beauregard début juillet constitue l'une des plus belles performances auxquelles j'ai assistées ces dernières années. 

Commentaires

  1. Cet album est d'ailleurs le seul d'elle que j'ai acheté à l'époque. .. et je n'ai toujours pas fait le tour de sa discographie même si j'aime comme toi "Let England shake" et "To bring you my love "...:)

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    1. Je pense que ça va être l'une des artistes dont je vais approfondir le plus sérieusement la discographie en ce début d'année scolaire =)
      Merci pour ton retour sur cet article !

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  2. C'est très vrai ces artistes auxquels tu n'accroches véritablement que lorsque tu les rejoins lors de la sortie d'un album. Pour PJ, c'était Stories from the City Stories from the Sea qui reste mon préféré (ce qui comme tu le dis est signe que je ne suis pas un fan ultime de la belle). Is this Desire? je l'ai beaucoup réévalué depuis sa sortie, mais je le trouve quand même un peu inégal.
    et pour Nick Cave c'était Murder Ballads de mon coté, un disque à part aussi... Les deux ont en commun de toujours proposer des disques intéressants après une carrière bien remplie. Je crois qu'un Nick Cave est annoncé prochainement, espérons qu'il me plaira plus que le dernier PJ...

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    1. Oh ba oui, prochainement pour le Nick Cave, il sort le 9 septembre, je crois, dans 15 jours. Je l'attends de pied ferme, même si je connais finalement assez mal sa discographie, au-delà de Murder Ballds, Let Love In et Push The Sky Away.
      Et alors que je pourrais m'attarder sur ses disques précédents (dont certains sont des classiques apparemment), je préfère attendre la sortie du prochain disque. Une illustration supplémentaire de ce besoin de découvrir les artistes au moment de la sortie de leurs disques...
      Merci pour ton retour sur cet article !

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  3. Le premier PJ Harvey que j’ai réellement écouté était "To Bring You My Love" en 1995, une découverte grâce aux Inrocks comme souvent à l'époque. Cet album m'avait carrément scotché. "Is This Desire?", "Uh Uh Her" et surtout le plus apaisé "White Chalk" font partis de mes préférés. Bien sur, j'ai aussi plongé dans les méandres des très rugueux et âpres "Dry" et "Rid of Me".
    Bizarrement, malgré le consensus critique autour de "Let England shake", je ne l'ai que très peu écouté. Le dernier "The Hope Six Demolition Project" me fait très envie, surtout depuis que j'ai vu son excellent concert sur Arté lors du festival lyonnais Les Nuits de Fourvière. Elle y a joué la quasi intégralité des titres. Mais je suis bête, tu l'as vu en concert récemment, tu sais bien.
    A +

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