Only Real - Yesterdays

Niall Galvin, le jeune blanc-bec qui se cache sous le pseudo d'Only Real est un branleur. C'est dit.

Promis, je n'avais même pas lu la chronique des Inrocks (que je ne lis de toute façon plus, mais dont je me sers pour les images d'illustration de mes articles) pour cette intro. Bon, j'ai utilisé le même adjectif que JD Beauvallet pour décrire le bougre. Cela suffit-il à faire consensus ?

Bref. Le branleur ne s'est pas trop cassé l'arrière-train pour son premier opus, intitulé Jerk At The End of the Line, puisqu'il a réutilisé les morceaux qu'il avait déjà enregistrés ces dix-huit derniers mois, et qu'il diffusait au compte-gouttes sur Youtube.

Les fans (dont je ne faisais pas partie) connaissaient donc déjà quatre ou cinq des douze morceaux du disque, mais qu'importe lorsque la qualité est au rendez-vous. Nombreux seront probablement ceux qui reprocheront à ce disque une certaine facilité. Ca fourmille pourtant d'idées, et Only Real a bien du mal à se limiter dans l'utilisation des pistes musicales.

En d'autres termes, la facilité que certains dénonceront ne réside pas dans une pauvreté mélodique. C'est tout l'inverse. Only Real est en phase avec son temps, avec ces 10's qui consacrent les albums surproduits mais néanmoins riches, mélodiques et enivrants. On pense au The Age of Adz de l'Américain Sufjan Stevens (mais lui a déjà eu le temps d'emprunter un chemin radicalement opposé avec Carrie & Lowell), le Lonerism des Australiens de Tame Impala ou le Congratulations des New Yorkais MGMT.


C'est parfois surfait, mais toujours entraînant sans complaisance. En ce sens, Jerk At The End of the Line est aussi profondément anglais dans l'esprit et, vingt et un an après leur apogée, il rappelle au moins dans la démarche le Definitely Maybe d'Oasis. Un album sans concession qui respire l'auto-satisfaction de ceux qui ont les moyens de leurs ambitions.

L'avantage de Niall Galvin, c'est qu'il est seul à mener sa barque dans ce projet. Il est donc assez improbable de voir sa formation se foutre sur la gueule et signer son arrêt de mort un soir d'août à Paris. Néanmoins, il a à peu près autant de chances de finir aigri et de vivre sur les cendres d'un début de carrière génial. Only Real, c'est déjà évident, ne sera pas éternel.

A moins qu'il ne nous surprenne... Après tout, contrairement aux frères Gallagher, ses compositions sont assez hétérogènes, généralement orientées vers une pop empruntant parfois quelques beats et un phrasé au hip-hop, mais déployant également une lo-fi déglinguée ou un rock acerbe.

Only Real sera en tout cas à La Route du Rock en août prochain, et même si le plaisir est parfois teinté d'un soupçon de culpabilité, c'est une vraie bonne nouvelle qui devrait encore attirer quelques anglo-saxons près des remparts.


Commentaires

  1. Je découvre à l'instant et je trouve ça très "frais", ça me fait un peu penser à Mac De Marco, avec un phrasé plus hip hop quand même...:)

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