The Album Leaf - Lilac Wine (Remix)

La rentrée est souvent l'occasion de prendre un nouveau départ et de repenser les choses. C'est exactement ce qui se passe avec ce blog, si peu alimenté depuis quelques mois, auquel je vais essayer de donner une nouvelle vie en y évoquant seulement des morceaux, et plus des albums, sans quoi cela fait doublon avec les articles que je peux écrire sur IndieRockMag.

On commence donc avec ce remix de The Album Leaf, projet solo dont Jimmy LaValle est la tête pensante, auteur notamment de A Chorus of Storyteller, album sorti en 2010 (déjà), le cinquième et à l'heure actuelle dernier opus de celui qui est actif depuis 1999.

J'ai un rapport particulier avec cet album puisqu'à l'époque de sa sortie, on me l'avait conseillé en me disant que ça ne pourrait que me plaire. On me redira souvent cela au sujet d'autres albums par la suite, avec des plaisirs très variés. Mais c'était une des premières fois qu'on me le disait concernant ce Chorus of Storyteller. Et dans un premier temps, je dois bien reconnaître ne pas avoir vraiment mordu à l'hameçon. Ce n'est que plus tard - et ça se chiffre en paire d'années - que j'ai réécouté ce disque. L'étincelle est venue progressivement.

Jimmy LaValle est Américain, mais sur ce disque, on a l'impression qu'il nous vient d'Islande. Il a en tout cas cette fraîcheur à la fois grave et naïve que partagent souvent les musiciens de l'île volcanique. Mais je ne souhaite pas parler de ce disque pour le moment (bien qu'il en vaille clairement le détour).

C'est un remix du Lilac Wine de Nina Simone, découvert hier au volant, que je souhaite mettre ici à l'honneur.




Cette relecture est issue d'une compilation intitulée Verve Remixed 3 qui n'a d'ailleurs rien de récente puisqu'elle date de 2005. Le principe est simple puisque des artistes actuels revisitent des morceaux parus sur le catalogue du label Verve. Sur ces différents volets, on croise ainsi Tricky aux manettes sur un morceau de Billie Holliday ou encore The Cinematic Orchestra reprenant du Ella Fitzgerald. Si je connais mal les artistes repris, on croise du beau monde dans l'exercice du remix avec l'excellent Dan The Automator, le non moins génial Pretty Lights, RJD2, Danger Mouse, The Postal Service, Psapp ou Thievery Corporation (mais aussi des artistes moins connus et quelques uns qui ne sont pas ma tasse de thé comme C2C ou Gotan Project, on ne peut pas tout avoir).

Ce remix, donc, m'a initialement séduit. Et la besogne n'était pas aisée puisque je n'accroche pas au titre original ni même plus que ça à la reprise de Jeff Buckley, l'un des deux seuls titres (avec Corpus Christi Carol, l'autre reprise, il n'y a pas de mystère, le fils de Tim était un génial songwriter) que je trouve moins géniaux sur l'incroyable Grace dont je parlais récemment sur IRM.

La version de Jimmy LaVille a l'énorme avantage de s'affranchir de cette dimension épurée que j'apprécie habituellement sur d'autres morceaux mais qui, lorsque le chant devient un peu maniéré ou trop lyrique, me dérange. Je reconnais aisément que le Lilac Wine de Nina Simone est un très bon morceau, mais chez moi ça ne marche pas. Et c'est précisément cette sensibilité qui fait que c'est un très bon morceau qui m'agace. Car elle me semble surjouée.

Dans cette relecture, c'est tout l'inverse, il n'y a pas d'épure instrumentale, c'est même l'inverse puisqu'on a à faire à des sonorités en renouvellement permanent. L'électro tient la pôle position évidemment avec ses rythmiques synthétiques, mais le piano plus classique est toujours présent, et lorsque vient le refrain, un brin agaçant chez Nina Simone, les bidouilles électroniques et l'absence de la dimension surjouée du chant donnent lieu à une tension et une atmosphère proche de celles que l'on croise chez Talk Talk sur leurs deux chefs-d’œuvre que sont Laughing Stock et surtout Spirit of Eden (qui soit dit en passant est désormais dans mon top 10 de tous les temps, pas mal pour un disque plus vieux que moi d'un mois). Il n'y a qu'à écouter le passage (court mais intense) de 2'08 à 2'18 pour s'en convaincre, c'est celui-ci qui propulse cette reprise de très bonne à excellente à mon sens. Et ce passage se répètera par la suite du morceau.

On écoute l'originale de Nina Simone et je ne résiste quand même pas à l'idée de remettre la reprise de Jeff Buckley puisqu'en la réécoutant, je la réévalue sacrément quand même. Le fait de l'isoler du disque et de ses compos géniales joue peut-être.






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