Série 1998 : Massive Attack - Angel

Hier, le Mezzanine de Massive Attack fêtait ses vingt ans. Et si les Bristoliens avaient légèrement déçu en 2010 avec un bon Heligo Land (mais faire quelque chose de bon est le minimum que l'on attend d'eux), ils avaient poursuivi leur oeuvre en 2003 avec un 100th Window qui reste le sommet de leur discographie.

Néanmoins, sans doute porté par le single Teardrop, c'est bien Mezzanine qui reste, dans la culture populaire, comme la pierre angulaire de l'oeuvre d'un combo qui n'a jamais cessé de se renouveler, passant sans souci du hip-hop au trip-hop (dont ils furent les pionniers) puis du trip-hop à une electronica hantée qu'ils délaissèrent dès que les autres commençaient à leur emboîter le pas. Comme avec le trip-hop, finalement.

Et si je suis évidemment client de Teardrop, de ses boucles rythmiques hypnotiques et de la voix spectrale qui accompagne cette instrumentation, mes préférences vont, sur ce disque, vers Inertia Creeps, Risingson et surtout Angel.

C'est ce dernier titre qui m'a procuré la plus grosse claque. Une bonne entame de disque, c'est essentiel, et avec Angel, les Bristoliens avaient utilisé l'une de leurs plus formidables cartouches sans que la tension ne redescende finalement par la suite.

A l'instar d'un bon numéro 10 dont la qualité s'évalue au moins autant selon sa capacité à faire briller ses partenaires que sur ses statistiques individuelles, Angel met sur orbite l'auditeur. Et il ne retombera plus au fil de l'écoute de Mezzanine.

Traduction sonique d'un monde qui subissait le calme avant la tempête, mais sentait bien que la situation allait se dégrader (nous ne sommes qu'à trois ans du 11 septembre), Angel s'appuie sur les ingrédients qui feront le sel de ce disque : un onirisme vocal plombé, des beats simples mais efficaces et des instrumentations électriques délaissant les samples des deux premiers albums.

L'auditeur est heurté mais, comme s'il était atteint du syndrome de Stockholm, il remercie celui qui lui inflige cette souffrance. Car il sait que le bourreau est avant tout un visionnaire, qui évalue mieux que quiconque, et avant l'heure, la situation.



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