Live report : Festival Beauregard (3 Juillet 2016 - Jour 3)

La dernière journée de festival débute avec un temps maussade et diverses impasses effectuées sur la programmation, bien que les écoutes distraites et polies de Jeanne Added et Lou Doillon s’avèreront finalement moins anecdotiques que prévues. Une certaine usure commence à apparaître et, toujours dans l’optique de privilégier la qualité à la quantité, Beirut et PJ Harvey seront ciblés, avant une impasse sur Louise Attaque.

 Direction la petite scène pour découvrir Zach Condon et ses acolytes. Si la soirée se fait finalement moins fraîche que la précédente, les vents sont bien présents sur scène, où tubas, trompettes et saxophones se marient à merveille avec les incursions synthétiques. Les morceaux du dernier album, le très bon No No No, sont de la partie, à commencer par l’imparable titre éponyme, ou Fener et Perth, mais c’est bien avec un extrait de Gulag Orkestar, en l’occurrence Scenic World, que Beirut ouvre un bal qui réunira toutes les qualités que l’on peut attendre d’un tel exercice : tout aussi entraînant que profond, avenant mais réfléchi, le contenu proposé par la bande du natif de Santa Fe est d’une richesse insoupçonnable, et achèvera de réconcilier les fans de la première heure qui avaient pu être déçus par The Rip Tide en 2011 avant de se délecter l’an passé sur No No No.
Surtout, à l’inverse des Chemical Brothers et de nombreux artistes programmés Beirut ne cède pas à la tentation trop largement répandue de mettre les amplis au maximum. La subtilité est au rendez-vous, et cela fait franchement du bien en fin de week end.

C’est pourtant dans une veine très puissante et avec un son très fort que se déroulera le set de PJ Harvey qui, pour le coup, n’en sera pas moins efficace. Il faut dire que la native de Yeovil a un savoir-faire indéniable et son charisme illumine rapidement l’ensemble des alentours du château de Beauregard. Entrée en scène avec ses musiciens – exclusivement des hommes – parmi lesquels John Parish, la chanteuse arbore une coiffure dans laquelle s’invitent des plumes et une tenue qui accentue le caractère mystique qui l’accompagne.

Ouvrant le set avec Chain Of Keys, c’est essentiellement le dernier opus The Hope Six Demolition Project qui est mis à l’honneur (The Ministry of Defence, The Wheel, Dollar, Dollar, The Community of Hope ou The Orange Monkey). On retrouve alors la prédominance des vents, prégnante en version studio, et l’on est très vite imprégné, habité et transcendé par les compositions du groupe. Surtout, PJ Harvey est du genre « jusqu’au-boutiste » et, de fait, à l’exception d’un titre de transition, elle mâtine les titres les plus anciens de cette orientation. Ainsi, un instrument tel que le saxophone n’est finalement jamais en retrait, que ce soit sur les morceaux rescapés de Let England Shake (l’éponyme ou The Words That Maked Murders) mais également sur un Down By The Water rescapé du To Bring You My Love de 1995 dans une version paradoxalement aussi dépouillée que sublimée par les vents qui parvient à surclasser l’originale.

Si elle n’est pas très loquace, PJ Harvey s’autorise néanmoins quelques mouvements contribuant à dynamiser le show. La Britannique a largement réussi son pari et clôt sa prestation avec River Anacostia sur un formidable decrescendo qui met en valeur, plus que jamais, une maîtrise confondante. Assurément la prestation la plus passionnante de ce week end.

Commentaires

  1. Ravi d'apprendre que P.J est toujours au top. Est-ce qu'elle a joué "the glorious land" de Let England Shake ?

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